Bienvenue dans la saison trois de
Pas de charbon, pas de wafer.
C'est un épisode Charbon.
Avec Adrien Mercier, c'est le fondateur d'OCBase,
et le créateur du logiciel OCCT.
Et vous allez voir qu'il m'a reçu chez lui, dans son bureau à Douai.
Ce format, il a pour but de mettre en valeur
le travail des gens qui travaillent dans la tech.
Parce que les wafers, les galettes de silicium,
servent à rien si on n'est pas là pour les mettre en mouvement, les mettre en vie.
Et aujourd'hui, on va parler d'une communauté
de professionnels qui travaillent directement au contact du wafer.
On va parler de ceux qui conçoivent les machines
qui les poussent dans leurs retranchements.
Vous allez voir qu'Adrien, il a travaillé beaucoup,
avec des overclockers notamment.
Eh bien, cet épisode, il est essentiel parce qu'il rend visible tout
un tas de travail qui se fait principalement à Taïwan.
Pour le coup, et qu'on connaît pas très bien.
Merci Adrien pour ça.
créé il y a très longtemps, on a été créé il y a 23 ans,
donc on est venu du monde de l'overclocking.
Le en fait, c'était pour dire j'overclocke mon processeur
et je vérifie ce qui va encore, qui va encore tourner correctement
après mes modifs plutôt que d'attendre qu'il fasse un écran bleu dans ton
dans ton jeu préféré, quand tu es devant le dernier boss, quand tu es devant Onyxia
quoi tu vas devoir craft.
Enfin voilà, on est en plein. Le boss de World of Warcraft. OK
je l'avais pas, non j'arrivais pas.
À y aller.
Joueur de World of Warcraft comme beaucoup. D'accord.
Et donc c'était c'était vraiment le but.
Mais le logiciel a lui grandi au fil des années.
Déjà, on a eu une forte audience parce que la première année,
alors que j'étais étudiant, on a eu 1 million de téléchargements.
Je le savais même pas.
Je l'ai su quand je me suis fait engueuler par OVH
parce que j'avais pété
la bande passante de leur de leur hébergement gratuit à l'époque et
Et j'ai maintenu ça le soir pour m'amuser pendant 17 ans.
Et au bout de 17 ans, un peu après le Covid,
j'ai eu l'occasion de pouvoir partir de mon de mon boulot
avec des bonnes conditions Je me suis dit allez, on y va !
J'ai créé OCBase et le but c'était de me lancer en artisan dans mon grenier
pour travailler sur l'outil à plein temps et d'en vivre.
À ce moment-là
Tu as déjà des millions de téléchargements par mois ?
J'ai.
Alors à l'époque, on a 5 millions de téléchargements par an
et on a on a des licences personnelles qui rapportent à l'époque, pas,
pas des masses, on est sur, on est sur quelques centaines
d'euros par mois, et c'est un vrai pari, en fait,
et des pros qui viennent et qui demandent des licences.
Donc là je me dis, il y a peut-être quelque chose à faire
parce que c'est des grands noms, on travaille avec des grands noms,
même si on est une petite boîte, une petite boîte
et et je me dis il y a quelque chose à faire.
Donc je me dis allez, on va tenter.
Après tout, faire payer les pros, ça a toujours été l'idée
de la société faire payer les pros, ne pas faire payer les particuliers.
Tu fais payer ceux qui font de l'argent avec ton outil.
Notre but c'est d'être utile au plus grand nombre.
Et ça c'est écrit noir sur blanc dans les valeurs de la boîte,
c'est d'être utile au plus grand nombre et donc du coup d'être gratuit.
Surtout qu'en plus on se trouve dans des dans des pays comme
des pays du tiers monde, des fois où ils ont pas forcément même 4 €.
Pour eux c'est le Pérou quoi.
Donc Alors au début je m'étais dit je vais avoir les fabricants de matériel,
je vais avoir les fabricants de processeurs,
les assembleurs, les LDLC en France, tu vois
les les vraiment ceux qui assemblent le matériel.
Et là je me suis trompé parce qu'en fait on est utilisé par énormément de monde
et j'anticipais pas
que c'était possible, du genre où on est présent dans le médical.
Pourquoi ?
Parce qu'un scanner dans un hôpital, c'est piloté par un PC.
Il ne faut pas que le truc il tombe, il tombe en panne.
Quand tu es dans la grosse machine et qui fait tout, tout.
Enfin tu. Vois.
On est utilisé dans l'aviation parce qu'il y a des PC
embarqués dans les avions, on est utilisé dans l'armée, dans la Navy.
on a un client
qui tire avec des lasers sur des poissons en Norvège pour les soigner
et donc il met des PC, c'est des sortes de barils avec un PC dedans.
Et puis il y a des fusils laser un peu à la Star Wars.
J'imagine ça comme ça sur les côtés
et dès qu'ils voient un poisson avec un parasite piou.
Et donc le PC, il faut qu'il tourne dedans parce que tu ne vas pas aller sortir
le truc de la flotte pour le
pour le bidouiller, ça coûte, ça coûte super cher, c'est beaucoup de temps.
Voilà, donc il veut vérifier avant.
Et donc il y a énormément d'endroits où on a besoin de nous
et c'était assez surprenant.
Et c'est quelque chose que j'ai pas, que j'ai pas anticipé.
Et au bout de deux ans de la société, j'avais atteint mon objectif
donc j'étais super content et mais j'étais submergé par le travail.
Et là j'ai eu un choix soit je continue comme ça, je vis ma vie
super bien et je commence à dire non à plein de choses soit
des clients, des projets, ce genre de chose quoi.
Donc soit je me dis je vis l'aventure jusqu'au bout
et je me transforme de développeur, de geek et je crée une boîte.
J'étais déjà une boîte
mais je commence à embaucher, on commence à changer de dimension.
Donc c'est ce que j'ai fait.
Et bon Dieu qu'est-ce que je regrette pas ce choix-là quoi.
Et les gens, qui
exactement ?
Et donc du coup on recrute.
Alors c'est étrange, mais nous une des questions
les plus importantes quand on recrute, nous c'est un gamer par exemple
ou tu es un overclocker, tu vois, on demande à quoi tu joues.
Alors tu peux me répondre que tu joues à Fortnite, Pas grave, mais
tu me réponds que tu joues à World of Warcraft ou que tu joues, que tu joues
à un FF, c'est mieux.
NieR: Automata c'est encore mieux.
Mais tu vois, il y a.
Des beaux jeux en vrai, ça ouais.
On recrute, on recrute vraiment des joueurs, des gamers et
et c'est des gens qui la plupart du temps nous connaissent avant de venir.
Donc déjà la plupart du temps, quand on reçoit quelqu'un ici
pour pour un entretien, c'est mais qu'est-ce que vous foutez là les gars ?
Tout le monde pense qu'on est américain parce qu'on a toujours communiqué
en anglais, mais j'ai toujours communiqué en anglais et tout, donc les gens pensent
qu'on est américain maintenant on est on est français et et donc
on a recruté, on a on a grandi.
Et le moment qui a défini la société, le moment le plus important,
là où il y a vraiment eu un truc charnière, c'est le Computex
Alors le Computex, pour ceux qui connaissent pas, c'est
le plus grand salon tech mondial.
Il est à Taïwan, il se fait une fois par an, environ de mai, juin et et voilà.
Donc il y avait, je me souviens, il y avait Loïc avec nous.
À l'époque, on était dans des tout petits locaux.
Par rapport.
Parce qu'il
y a le MWC, c'est quasiment que du mobile ou des ou des appareils complets quoi.
C'est électronique.
Là c'est vraiment les nouveautés, les nouveautés matos,
tu as tu as les stands Intel,
AMD Alors maintenant c'est très tourné, il y a.
Taïwan, c'est c'est le pays où il y a toutes les fonderies, donc forcément
orienté.
Les fabricants de cartes mères sont là-bas, tous les TSMC
est là-bas. Enfin voilà, on est vraiment.
C'est un peu la Mecque.
La nouvelle génération quoi. Ouais, les nouvelles générations.
Et donc on s'était dit avec Loïc en octobre bon, on va s'inscrire,
on va essayer d'avoir un stand. Mais on n'y croyait pas.
On était là en mode YOLO, on était en mode YOLO yolo.
Sur le site, on s'est inscrit les réponses c'était fin décembre.
Fin décembre, rien du tout.
Bon bah merde, on a joué, on a perdu.
Bon ben voilà, on était content, on a rigolé.
Arrive début mars, je reçois un mail Welcome to Taipei.
OK Et donc je le montre à Loïc.
On était dans. Les anciens bureaux.
Il se met à sauter de joie autour du autour.
Du. Tour du bureau. Il est tellement content et tout.
Il s'arrête, il me regarde et il me fait mais comment on va faire ?
Parce qu'à l'époque on était on était quatre.
Ouais, j'avais un employé, il y avait un stagiaire et une alternante.
On était là à quatre.
On se dit Merde, il faut qu'on ait un stand,
il faut qu'on le
fasse construire, il faut qu'on dégage les fonds parce que c'est quand même
enfin, c'est l'autre bout du monde, c'est un stand.
Il y avait un budget à dégager.
Donc le ticket, le salon, il prend un ticket quand même, on prend un ticket.
Et. Après tu. Payes le constructeur pour te construire le truc.
Après tu dois payer l'électricité.
Enfin c'est toute une logistique que moi je connaissais.
Pas sur un salon.
Alors je sais pas c'est quoi la taille du stand,
mais les stands sur lesquels j'ai travaillé moi c'était facilement.
Si tu le fais avec de l'OSB,
Ça fait 1500 mais normalement tu es quand même plutôt à 15 000 quoi.
Ouais bah voilà, c'est un peu ça.
Là c'était ouais, c'était le stand.
Le stand c'était oui, c'était dans ces eaux là.
Donc nous on n'avait pas un gros chiffre d'affaires à l'époque.
On s'est dit comment on va faire ?
Bon bah du coup j'ai dit :
Loïc, Ouais, mais on s'y est inscrit, c'était pas pour faire semblant,
c'est qu'on a décidé d'y aller, donc on ne va pas commencer à changer d'avis.
On y va, point.
Toi tu t'occupes du stand,
moi je m'occupe des finances et puis on va essayer de se débrouiller.
Donc là, ça a été la découverte
de faut trouver un constructeur de stand,
On avait deux mois, les autres ont eu six, nous on a eu deux.
Donc trouver un constructeur de stand, causer avec lui en anglais
mais en Google trad sur un mail Gmail parce que là-bas c'est répandu
d'avoir un mail pro sur Gmail tu vois, donc faut pas avoir peur.
Nous on avait l'impression de se faire scammer mais non, c'était normal,
l'hébergement, l'avion, le machin et tout, on a bien galéré,
on a couru partout pendant deux mois trouver des financements, on l'a fait,
on y est, Allez, on y est allé
et on a donc première fois à Taipei.
Voilà, première fois là-bas, Nous on débarque.
Moi je me rends pas compte, enfin j'imagine.
C'est une ville hyper moderne de manière générale, c'est.
Une ville extrêmement urbaine, posée au milieu de la jungle.
Donc en gros, moi je la vois vraiment comme ça,
c'est tu arrives là-bas déjà, il fait 34 degrés, ok,
mais il y a 100 pour 100 d'humidité
quoi, tu es, tu es dans la jungle, Enfin c'est vraiment ça.
Et donc de manière générale, Taïwan c'est une île, C'est une île quoi.
Ouais, c'est une île forestière, il y a des montagnes.
Je crois que ça culmine quand même à 1500 mètres
et et c'est Ouais, enfin moi,
la partie où est hyper en tout cas, moi je vois ça autour, c'est la jungle.
Donc du coup, c'est ouais, c'est un climat extrêmement tropical.
Et nous on arrive là-bas, on avait dégoté des PC quand même, amené
des PC à Taïwan pour faire les démos, tu vas pas prendre juste ton portable.
On avait un grand stand en plus, on était bien placé,
on était dans le bâtiment principal, on était à côté de l'allée centrale.
On a bénéficié d'un désistement donc on était bien et on ne connaissait
personne.
Mais alors quand je dis personne, personne.
On arrive là-bas, on prépare le stand, on ouvre et là il y a des gens
qui débarquent, qui ne savaient pas qu'on était là quoi donc ?
Mais il y a eu énormément de monde qui est passé à notre surprise
et c'était genre et qu'est-ce que vous foutez là les gars ?
Mais c'est vous qui faites le logiciel OCCT ?
Quoi, Vous êtes qui ?
Parce qu'on sortait de notre boîte, on avait jamais,
on n'avait jamais fait de salon, on n'avait jamais fait
d'événement, on était présent nulle part, donc les gens nous découvraient.
Et on a eu toute la population des overclockers,
des bidouilleurs qui faisaient un concours d'overclocking sur le stand G.SKILL,
qui passaient leur temps à venir à notre stand et à et à venir
nous voir et à nous demander de quoi on avait besoin.
Et ils passaient leur temps à venir me
voir et me dire Adrien, allez viens, je vais te présenter machin de ASUS,
viens je vais te présenter Bidule de MSI, Viens je te présente.
J'étais là. Mais Mais pourquoi vous faites ça les gars ?
Vous êtes mes VRP, qu'est-ce qui se passe ?
Et le mec il me répond tout naturellement
Mais attends, ça fait 20 ans que tu nous aides
avec ton logiciel gratuit, évidemment qu'on va t'aider.
Et moi j'étais là, j'ai découvert ça, enfin j'étais, j'étais fou.
Du coup, tu as finalement rentabilisé le salon ?
C'est que des prospects finalement, Tous les exposants.
Tous les exposants étaient nos prospects.
Les gens dans les allées, C'était des monteurs, c'était des pros.
Parce qu'il y a trois jours réservés aux pros.
Il y a un jour ouvert aux particuliers.
Donc les trois premiers jours, ouais,
c'était que des pros qui nous découvraient et Et ça a été dingue.
Même moi, je me balade dans le salon.
À un moment lors de ma pause, je vois Steve de Gamers Nexus,
Combien de millions d'abonnés,
mais on va dire quatre ou cinq millions d'abonnés YouTubeur et tout.
J'attends qu'il ait fini, il vient me voir,
il me voit dans le public pendant qu'il est en train
d'enregistrer son truc, il vient me voir à la fin, il me fait.
C'est
moi qui dois dire ça, mais qui était là,
Je sais pas quel genre connaissait déjà.
Lui il me connaissait, il a reconnu mon visage.
Après il y avait effectivement on avait le tee-shirt avec le logo quand même.
Mais mais ouais, les gens, les gens nous reconnaissaient dans les couloirs.
Il y a un Japonais qui a demandé des selfies.
Est-ce que tu faisais déjà
les lives ici ?
On n'avait pas encore les locaux, ici, on avait fait deux ou trois
vidéos YouTube, mais on avait une chaîne confidentielle,
on avait un millier de vues, on n'avait pas.
C'est pas notre but de faire beaucoup de vues non plus,
donc on met pas l'accent dessus et et c'était dingue, c'était dingue.
Et je me souviens même ça c'est un truc.
C'était le troisième jour, on voit un indien qui passe dans le couloir,
qui était dans ses pensées sur son téléphone.
Il s'arrête devant notre stand, il regarde son téléphone mais il bloque.
Il regarde le logo,
Il nous regarde, nous regarde le logo et il vient et fait :
How you doing ?
Il fait un gros câlin et tout on était là.
OK, c'est un ingénieur processeur de chez AMD, un designer CPU
en disant putain je suis trop content de vous voir et tout.
Ce que lui il utilise. Le logiciel.
Utilise le logiciel depuis quinze ans, il était ravi de nous voir et tout.
Ils nous ont envoyé un processeur suite au truc.
Il a proposé d'envoyer un proco.
On a eu un Threadripper, on était dans la merde
parce que la carte mère elle valait 3000 balles.
J'avais pas les moyens d'acheter la carte mère donc.
Mais ça a été fou.
Et en fait, ça a été le point de départ d'un gros point de départ
vis-à-vis des pros, parce que ça a montré qu'on était là,
qu'on existait et ça nous a donné tous les contacts,
tous les gens qui ont réalisé qu'on existait.
Puis finalement on pouvait parler, on était, on était accessible, on causait,
on était, on était sympa et Et ça a vraiment,
ça a vraiment fait basculer la société dans ce qu'elle est aujourd'hui.
Une petite boîte encore de huit personnes, mais mais qui vit bien
et qui est encore, qui est 100 % dans ces valeurs ?
Ouais, 100 % dans ces valeurs.
La valeur, ça reste d'être utile au plus grand nombre, être.
Utile au plus grand nombre, c'est la première, la première valeur.
La deuxième valeur, c'est de dire je reprends un peu
celle que je regrette, que Google ait abandonnée, c'est « Don't be evil ».
Après, je peux comprendre pourquoi ils l'ont abandonnée.
Bah oui, parce que maintenant voilà, on est bien d'accord, mais
là c'est vraiment c'est vraiment le but de la boîte quoi.
Alors après, effectivement, il y a des il y a des moments où on doit faire des.
On doit prendre des décisions qui, moi, me font pas plaisir.
Du coup, tu accepterais, j'imagine les militaires ou l'armement, ils ont.
Ils peuvent avoir besoin de tester la stabilité d'un système.
Alors nous, on est vraiment la Suisse.
on travaille avec tout le monde, on a des personnes avec qui on peut
pas travailler, à notre grand dam, parce qu'on est très populaire en Russie.
On fait zéro business avec la Russie par rapport à ce qui se passe,
par rapport aux législations.
Nous, on suit la législation à la lettre, par contre, ça me fait chier
parce que les Russes, c'est des monteurs de PC russes, c'est des copains,
Il y a des gens
avec qui j'ai travaillé depuis dix ans et j'ai dû arrêter de travailler avec eux.
Mais oui, on est sur.
Du coup on.
Je sais pas, mais je ne vais pas les embêter.
Parce que dans l'absolu, la version gratuite
et la version payante c'est la même.
C'est juste la finalité qui justifie.
On a énormément de fonctions dédiées aux pros, notamment monteurs,
qui font que notre version, notre version entreprise a de l'intérêt.
On automatise complètement le logiciel, on a une version en ligne de commande,
tu peux enchaîner les tests automatiquement,
Tu as un rapport détaillé, tu peux faire ton rapport en ligne,
tu peux comparer des rapports, tu peux savoir si ton PC est prêt à être envoyé
ou pas. Et tu peux faire du diagnostic à distance.
Donc on a toute une toute une un pan de fonctionnalités
pour que les pros prennent ces versions-là et c'est des diagnostics à distance
pour un particulier.
Tu vas peut-être faire ça une fois avec ton père
quand il t'appelle, quand l'imprimante marche plus,
mais tu le fais tout aussi bien avec TeamViewer, une première fois
donc pour une seule fois dans l'année, donc ça va très bien,
mais donc c'est des fonctionnalités qui les intéressent pas
et on essaye d'être le plus complet pour les particuliers possible.
Le problème étant que à partir du moment
où tu as une version gratuite, les pros utilisent la version gratuite
et derrière ne payent pas et en abusent largement.
Ouais Donc ça c'est le revers de la médaille, tant pis.
Voilà ce qui explique des fois certaines décisions.
Comme on vient de passer six mois de dev sur une nouvelle fonctionnalité,
on est obligé de la mettre derrière une licence pendant quelque temps
avant de pouvoir la mettre dispo pour tout le monde.
Donc il y a des moments où on est obligé de transiger un peu avec ça.
Mais le gros avantage qu'on a, c'est qu'on n'a pas d'investisseurs.
Il y a personne qui nous dit ce qu'on doit faire.
Du coup, je suis le gardien, finalement de l'esprit du logiciel et et je fais
extrêmement gaffe à ça, c'est de pas partir dans l'enshittification,
quoi.
L'enshittification.
Je l'ai pas.
C'est
quelque chose qui démarre qui est super bien, tout le monde adore et tout.
Et puis petit à petit l'argent vient corrompre et ça devient de la merde.
C'est le processus qui transforme quelque chose
de bien en quelque chose de merdique.
Je comprends, mais le.
Je cherche à.
Je me rends compte que c'est Threadripper.
Je connaissais les Threadripper, c'est une catégorie de chez AMD
et en fait j'avais compris. Fred Ripper.
Je sais qui. Fred Ripper ?
Non, c'est pas un film.
D'horreur, c'est pas Freddy, c'est ça ?
Et donc du coup,
du coup du coup, oui, je fais extrêmement attention, attention à ça.
Et pour l'instant ça marche plutôt bien.
Je pense qu'on pourrait prendre des décisions
qui nous permettraient de faire du cash rapidement
et puis derrière, mais on se prendrait la commu en face donc je les fais pas.
Et on fait aussi des projets, Ça nous permet aussi le fait
d'avoir tout le contrôle, de faire des trucs
qui n'ont rigoureusement pas de sens, mais juste pour le fun.
Typiquement, on fait chanter des cartes graphiques.
Ouais, avec le ventilateur.
Non avec les bobines,
parce qu'on est capable de changer la charge sur la carte
graphique et donc du coup, ça fait vibrer les bobines à des fréquences différentes.
Donc audiblement, tu entends un grésillement
avec des fréquences différentes et on s'est dit tiens,
on va pouvoir faire chanter une carte graphique, ce qui est juste pour le fun.
Donc on a pris.
Tu connais le mème Spinning Cat ? OIIA
OIIA.
Voilà, on l'a fait, On l'a fait avec la carte graphique.
Tu as un mode ?
Oui, on a le thème de Tetris.
OK, on a on a tout ça dans l'outil.
Et ça, ça n'a strictement aucun sens.
Mais est-ce qu'on s'est marré ?
On était là en train de développer, on lance le truc,
on colle notre oreille à la carte pour voir si ça fait du.
Bruit, ça me fait penser à ces gens sur la route
qui ont fait des rainures, qui font de la musique.
Oui, c'est quand tu touches la bordure.
Mais en fait si on fait.
Voilà, tu pourrais faire, tu pourrais faire de la musique
avec, avec la hauteur des petites, des petites bosses et tout.
Il y a deux ou trois endroits dans le monde. Deux ou trois.
Ouais, ouais. Et notamment, il y en a.
Il y en a un qui est drôle en Californie parce qu'il chante faux.
Et la seule raison à ça, c'est que le mec
qui a fait en gros la longueur d'onde, c'est la distance entre les bâtons
et donc le mec fait les calculs juste, mais en fait il leur dit
il faut qu'il y ait dix dix centimètres d'écart entre deux bâtons.
Il leur a expliqué que c'était entre le début des deux bâtons.
Donc les mecs ils ont fait le sillon et ont fait dix centimètres d'écart
après le sillon.
Oui, d'accord. Et donc du coup la
route dessus, elle a l'air bourrée Et
si encore l'écart était pas bon, il suffirait d'accélérer
tu vois,
parce que le but c'est que les automobilistes roulent
à la bonne vitesse, sinon ils ont pas la musique tu vois.
Donc si c'était juste dimensionné.
Mais là en fait, même quand tu vas plus vite, il est toujours.
Il a toujours l'air bourré la chanson,
parce qu'il y a vraiment genre deux centimètres en plus des dix donc.
Et puis c'est pas pas précis parce que c'est l'épaisseur du sillon.
Voilà.
C'est la même chose qu'on a fait pour les cartes graphiques.
Moi je comprends, on l'a fait pour déconner.
Après, étrangement, ça a très bien marché au Japon,
on a fait le tour de Twitter au Japon et j'ai trouvé ça marrant.
Pourquoi Japon ? Je sais pas.
Et par contre c'est utilisé par les pros et ça je m'y attendais pas.
Parce que les monteurs de PC,
ils sont souvent dans des environnements où il y a du bruit,
quand il y a du, quand la carte elle fait du bruit, ils l'entendent pas.
Alors que là, s'il y a une musique, s'il entend de la musique,
c'est que la carte a un problème
et ça leur évite d'envoyer un PC qui fait du bruit.
Ou le client, lui, il va le mettre dans son bureau ou dans son sur son truc,
et puis derrière lui, il n'y a pas de bruit ambiant.
Il va entendre que ça quand il va démarrer la bécane,
il va dire mais c'est de la merde !
Et donc en fait, étrangement, c'est utilisé du coup par les pros.
Je comprends facilement et ils sont dans un.
Dans un environnement qui a du bruit, il y a un bruit de.
Fond j'imagine. Ouais c'est super.
Bruit d'un frigo, c'est
une ventilation de l'air pulsé, un truc comme ça.
Donc soit.
Climatisé, tu as l'air pulsé, tu as les autres qui montent
les PC à côté, enfin il y a vraiment, il y a vraiment tout ça quoi.
Et et
et voilà.
Donc donc ça c'est un exemple de truc qu'on a fait pour déconner,
ça s'est retrouvé utilisé par les pros.
Bon, c'est pas une fonction majeure, on va pas,
on va pas se mentir, c'est rigolo, c'est rigolo, c'est utile en fin de chaîne,
mais c'est pas quelque chose qui va déclencher l'intérêt des pros.
Mais c'est juste marrant quoi.
Et on s'est vraiment, on s'est vraiment marré, marré à faire ça.
Donc tu m'as expliqué qu'il y avait le fait de tester la mémoire
aujourd'hui, qu'il y avait en plus les cartes graphiques,
c'était pas que des CPU à la base,
Vous avez tout de suite testé les GPU en plus des CPU.
On a commencé par les processeurs en 2003.
Je crois que le test GPU est arrivé en 2010 si j'ai bonne mémoire,
et on a fait un gros buzz en 2010 avec la sortie de ce test-là
parce qu'AMD avait sorti ses cartes graphiques de l'époque, c'était des 5970.
Je revérifie les chiffres.
Au bout d'un moment, il tourne, je me mets.
Encore.
C'était, c'était c'était pas encore, c'était il avait déjà racheté
et il vendait les cartes graphiques comme étant super overclockées et tout ça.
N'empêche que moi, en dev, je lançais sur ma carte Nvidia,
ça tournait et mes bêta-testeurs, ils testaient sur une carte AMD,
ils avaient un écran noir, ils devaient redémarrer le PC
et je comprenais pas pourquoi.
Alors j'ai mis je sais pas combien de temps à accuser mon code,
jusqu'à ce qu'il y a un bêta-testeur qui me dise c'est bizarre quand je baisse
la fréquence de la carte graphique, ça tient, donc ça veut dire que voilà.
Et en fait,
on s'est rendu compte qu'on déclenchait toutes les protections de la carte
et qu'elle se mettait en protection.
Et à l'époque, la protection, c'est pas je ralentis,
la protection c'est je m'éteins.
Et donc du coup il fallait redémarrer le PC,
donc ça la fout mal pour une carte overclockée.
Et tout ça parce que c'était des modèles de référence qui le faisaient.
Donc la carte était overclockée, mais elle avait des garde-fous, elle avait.
Ouais c'est ça,
dès que tu lançais autre chose qu'un jeu, je faisais un écran noir quoi.
Il fallait que tu redémarres le PC.
Donc en soi, c'était même problématique
parce qu'on était un logiciel en mode utilisateur qui arrivait à faire planter
un matériel juste avec une application standard 3D.
C'est parce que eux avaient mis des garde-fous sur la carte.
Sur la carte graphique.
Ils avaient sous-estimé la...
enfin, ils avaient sous-dimensionné les étages d'alimentation,
donc du coup il recevait.
On demandait trop de courant à l'étage d'alimentation,
il se mettait en protection pour ne pas cramer
et et en fait, ça a fait le tour de la planète.
Alors au début, personne ne me croyait,
jusqu'à ce que je me mette à aller sur les forums américains.
Puis je les poste là, je leur dis bon, écoutez, on constate ça, moi, j'arrive
pas à aller au-delà dans l'analyse, qu'est-ce qui se passe, machin ?
Et je me suis fait démolir par les fanboys AMD pendant pendant toute la journée
aux US, la nuit les fanboys sont partis dormir,
il restait plus que les geeks et là ils ont tous dit
ouais c'est vrai, je reproduis, je reproduis, je reproduis, je reproduis.
Les journalistes se sont intéressés.
Ça a fait un gros buzz, c'est parti dans les news et tout.
Je recevais des appels sur mon...
sur mon fixe, ma femme qui me dit :
Ils veulent parler à Tetedeiench.
C'était des journalistes et
tout AMD a commencé à rentrer en mode PR.
Tu sais en mode je
gère, je gère les dégâts quoi, en disant ouais mais c'est un power virus.
C'était tout ça.
Enfin ça a été, ça a été fou.
AMD qui me dit on veut le code source.
Je leur dis bah non.
C'est vrai.
Je me rappelle avoir entendu dire que le logiciel était dangereux quoi.
Ben voilà.
Ils me disaient qu'à lancer OCCT, à lancer le truc parce que
pour protéger leur à l'époque, enfin,
maintenant on a des bonnes relations avec AMD, faut le savoir,
mais à l'époque, pour protéger leurs trucs,
c'était ce que le marketing avait trouvé pour essayer de s'en sortir.
Parce que là, bah ouais et et voilà.
Alors après nous ça nous a Est-ce que ça nous a fait des dégâts ?
Non parce que finalement ça a prouvé qu'on était plus fort que les autres.
Si tu veux par A plus B.
Et puis il y a plein de gens qui ont finalement installé le
le logiciel pour essayer, pour voir si la carte, elle tenait pas.
Tout à fait, tout à fait.
Donc voilà.
Et puis à l'époque, moi c'était en 2010, j'étais j'étais
dans mon appart tout seul et je faisais ça le soir en revenant du boulot, quoi.
Donc t'as pas eu ce genre de pression en recevant des lettres
de mise en demeure alors que tu étais pas encore à ton compte ?
Alors j'ai pas eu de lettre de mise en demeure, mais c'était des mails.
Prouvez-nous que tu nous as prévenu avant parce que je les avais prévenus avant,
ils avaient ignoré. Je leur envoie les mails.
J'ai remué ciel et terre pour avoir des contacts là-bas
J'ai envoyé des mails que j'avais envoyé aux contacts chez AMD
que j'avais réussi à obtenir comme je pouvais.
Parce que comment tu fais toi pour quand tu es pas dans l'industrie ?
Parce que moi j'y étais pas
donc pour obtenir des mails de contact c'est pas facile quoi.
Donc j'ai fait ce que j'ai pu et ils voulaient le code source, j'ai refusé,
Je leur ai dit par contre je veux bien venir
avec le code source sur mon portable, vous montrer.
Je crois que c'était en Angleterre, ils voulaient que je vienne en Angleterre.
Bon au final ça s'est pas fait, mais parce que la polémique s'est éteinte,
donc du coup il y avait moins d'urgence.
Mais mais voilà quoi. Et
ouais,
c'était c'était un sacré, c'était un sacré buzz.
Et c'est là qu'on a commencé à tester les GPU.
Et du coup aujourd'hui Intel, ils t'envoient les CPU en amont
pour que tu les benches en avance de phase.
Comment ça se passe ?
En fait avant les avant la sortie de chaque processeur plusieurs mois avant,
sur les processeurs d'Intel.
On est en partenariat, on reçoit les processeurs avant leur sortie,
on a accès aux cartes mères avant leur sortie et tout ça.
Donc c'est souvent des...
Enfin tu vois que la peinture est pas fraîche encore,
il y a du c'est c'est un monde
Parce que c'est pas les cartes mères qui sont commercialisables,
elles sont faites par le constructeur pour pouvoir caractériser ces CPU.
C'est ça ?
Pour pouvoir les faire tourner avant que les fabricants,
les ASUS et les MSI aient finalisé eux leurs cartes mères grand public.
Ouais c'est ça, c'est des kits et on les reçoit.
Et nous notre but
c'est d'être compatible à la sortie du processeur pour tout le monde.
Et ça nous a permis notamment de développer les fonctionnalités
d'overclocking sur les processeurs Granite Rapids d'Intel.
On a fait les Arrow Lake et là il y en a bientôt.
il y a Raptor Lake et Alder Lake qui vont arriver.
C'est Noël.
C'est des anciennes générations et Nova Lake qui sera supporté à sa sortie.
OK. Donc là on a on a une vraie relation comme ça où
et qui est très simple parce qu'en face je cause à des tech, on fait un point
tous les mois avec Intel et
c'est simple et étonnamment facile.
Ouais.
Pourquoi ?
Parce que je pense que parce qu'ils nous utilisent depuis des années,
ils nous connaissent, on parle le même langage, on a la même passion.
Le partenariat.
Tandis que les processeurs, ils sont caractérisés dès le début
parce que les gens, s'ils ouvrent la boîte,
ils lancent le logiciel, ça ne fonctionne pas.
Ils sont déçus, c'est ça ?
Exactement. Ils ont envie, justement, d'avoir une bonne expérience.
Vous êtes tous les deux alignés sur le fait
que les utilisateurs aient une bonne expérience.
Et nous, notre but, c'est pas de faire du drama.
On n'est pas. On n'est pas là pour faire du drama.
Le coup d'AMD, si tu veux, c'est un truc.
Si je pouvais l'éviter, s'ils avaient pu répondre,
si j'avais pu ne pas aller public là-dessus je l'aurais fait 100 %.
Mon but n'est pas de faire du drama,
mon but à moi c'est de travailler avec tout le monde
et de faire avancer les choses pour tout le monde.
Voilà, pour faire des vues YouTube,
je suis pas là pour faire une vidéo, regardez le truc machin.
Oh là là, machin méchant et tout.
Non, c'est pas notre but.
Notre but à nous,
c'est de de travailler avec tout le monde et de faire avancer le schmilblick,
que chacun puisse tirer le maximum de son matériel et
Puis qu'ils puissent l'utiliser, qu'ils puissent savoir
quand leur PC marche bien, quand leur PC déconne,
quand ils ont envie de l'optimiser, ils savent comment ça marche.
Aider les constructeurs, travailler avec eux.
Quand on trouve quelque chose avant la sortie,
on leur dit tout de suite on essaye de communiquer avant.
Enfin, c'est établir une relation de confiance
parce qu'on n'est pas là pour faire du drama,
on est pas là pour faire du YouTube, on n'est pas là pour se faire des ennemis,
on est là pour nous, on est là pour rendre service et travailler.
C'est vraiment notre philosophie à nous.
C'est c'est travailler avec les pros, aider
les particuliers, être accessible au plus grand nombre.
C'est vraiment l'objectif de l'objectif de l'aventure.
Et et c'est ce que je fais, attention de garder.
Le thème du podcast, l'appeler Charbon et Wafer, parce que
je trouve que les galettes de silicium, elles ont, S'il n'y
a pas tous les logiciels et tous les humains
qui travaillent dans la tech, tu vois en fait une galette de silicium
sous tension, elle sert à rien, tu vois finalement, tu vois.
Et du coup, les gens qui écoutent le podcast,
finalement, c'est des gens qui travaillent dans la tech.
C'est quoi ton message aujourd'hui ?
Tu vois, on se pose tous des questions
avec l'arrivée de l'IA qui remplace les développeurs ou pas, etc.
À quoi va ressembler un ouais, c'est finalement, c'est quoi ton message
aux gens qui travaillent dans la tech comme nous depuis dix, vingt ans
et qui voient le monde qui change ?
Alors sur l'IA qui remplace les devs ?
Moi je suis assez partagé, je l'utilise comme tout le monde.
Mais est-ce que la tondeuse a remplacé le jardinier ?
Tu vois c'est con mais ça va plus vite de tondre
une pelouse que quand tu le faisais aux ciseaux ou à la main.
Mais tu as toujours besoin d'un jardinier, c'est pas ça qui va tailler les arbres.
Donc voilà, je pense que c'est c'est un peu overhypé en ce moment.
Mon conseil
Alors ce qui a amené mon succès, moi
il est très simple, c'est que j'ai écouté les gens qui m'utilisent.
Je suis parti du principe que la personne qui me remonte une
une fonctionnalité, un truc qui manque,
elle a une meilleure connaissance du besoin que moi.
Donc du coup, 90 % des bonnes idées d'OCCT
viennent de ma communauté, viennent du feedback utilisateur viennent du fait
que dès que j'avais un truc montrable, je l'ai balancé en live.
Les mecs testaient
et ils me disaient c'est bien, c'est pas bien et je corrige le tir.
Donc pas avoir peur de
de shipper, de balancer le truc, de,
de le lancer et de te soumettre au jugement, au jugement des gens.
Le build in public, ça, est-ce qu'on peut, on peut le ranger dans la catégorie
build in public, tu crois ?
Non non non non non, parce que je je bosse dès que j'ai
une version qui est utilisable par un particulier, je la lance.
Et puis ce que j'allais dire, tu vois, il y a aussi
beaucoup de gens qui se disent je vais faire du build in public
alors qu'ils ont pas du tout d'utilisateurs.
Ils ont pas d'utilisateurs.
Le build in public, je pense que c'est un bon,
c'est pour moi, c'est plus du marketing qu'autre chose
pour essayer d'avoir des utilisateurs et de l'attention.
Nous on a eu de la chance, c'est que quand on s'est lancé,
on a eu l'attention assez vite, naturellement.
Là, on a bénéficié d'un gros, d'un gros,
une grosse caisse de résonance première année,
un petit un logiciel étudiant qui fait 1 million de téléchargements
la première année. Tu vois.
C'est toi qui était encore étudiant à l'époque.
J'étais étudiant aux États-Unis, j'étais étudiant aux États-Unis à l'époque
et et du coup, nous, on n'a pas eu ce problème-là
Donc je peux vous dire, l'anglais aide des fois.
Parce que nous, en fait, ça s'est répandu par les forums à l'époque,
il n'y avait pas Facebook et tout ça, donc j'avais encore assez,
enfin c'était avant MSN, Donc le truc donc ça s'est répandu
par les forums, par HFR.fr, par d'ailleurs s'il y a des HFRiens,
Salut les gars, par par AnandTech, tous les forums de tech
de l'époque, ça s'est répandu au milieu d'une communauté et.
C'était l'époque, on avait des webrings.
C'est deux sites partenaires sur notre propre site. Oui
c'est ça et et
nous on n'a pas eu ce problème-là d'avoir d'avoir les premiers utilisateurs
parce qu'on les a eu naturellement
et je sais pas pourquoi, peut-être qu'on était là au bon moment,
je sais pas, on était peut-être super performant
ou il n'y avait pas beaucoup, On était parmi les premiers,
on n'était pas le premier, ça c'est sûr, mais on était parmi les premiers.
Et du coup je ne suis pas le meilleur placé pour dire
comment avoir les premiers clients.
Par contre, une fois qu'on les a, les écouter, leur demander leur avis,
prendre en compte leurs avis, leur montrer que tu, que tu es réactif, les écouter.
Et nous c'est ce qui nous a débloqué 100 % du truc.
Parce qu'aujourd'hui
100 % de nos clients sont venus par notre formulaire de contact,
parce que c'est des particuliers qui nous utilisent à la maison,
qui sont des geeks qui travaillent dans des sociétés tech
pour une bonne partie, qui rencontrent le même problème
et qui disent ah bah attends, je connais le truc, je sais ça.
Ouais, et puis.
C'est comme ça qu'on rentre chez les chez les chez les pros.
C'est un peu la question de Microsoft.
Est-ce que vous conseilleriez à vos amis d'installer Windows ?
En fait, elle donne un peu la pression, genre
que quand on est au café on dit : tu devrais être sous Windows 11,
ce qui est un peu chelou, mais dans l'absolu, ce que je veux dire
c'est que ton ton, ta communauté d'utilisateurs
particuliers, c'est des gens qui influencent
la décision des entreprises fortement.
C'est des tech effectivement.
En fait, ça nous donne des champions, des gens qui sont, qui nous font rentrer
dans le processus de décision et derrière on rentre par ce biais-là
et et ça nous a rapporté 100 % de notre business aujourd'hui,
c'est 100 % de notre chiffre d'affaires.
Il vient de là
et c'est quelque chose qui vaut de l'or et que je veux surtout pas perdre.
Et c'est surtout la raison d'être de la boîte,
surtout pas le perdre.
Et assez souvent tu as des cas, un peu comme quand on s'est rencontrés,
tu m'as demandé ce que je faisais et puis tu m'as dit mais oui, mais
je t'ai utilisé je crois, il y a dix ans et tout ça arrive tout le temps.
Ouais. Ça arrive extrêmement souvent.
Il y a plein de monde qui me le dit. Ça c'était le deuxième ce jour-là
Je me rappelle plus ce que j'avais comme processeur, peut-être un Athlon XP
3200+ Barton et Et en fait à l'époque
il y avait les Pentium 4 600 chez Intel qui étaient à la mode pour jouer.
Oui et et je voulais savoir si je pouvais l'overclocker
pour jouer aux jeux les plus récents sans avoir à changer tout.
Sans avoir à changer.
Voilà. Et et complètement.
C'était, c'était : est-ce que mon processeur...
Est-ce que s'il monte à 90 degrés quand je joue, quand je joue à Splinter Cell
3, peut-être quand il monte à 90 degrés, combien de temps il va tenir ?
Tu vois, est-ce qu'il va mourir ? Est-ce que c'est grave qu'il soit chaud ?
parce que c'est grave ? Est-ce que c'est normal ?
Enfin voilà, nous
c'est les questions auxquelles on essaie d'apporter, d'apporter des réponses
et et c'est ouais, c'est vraiment typiquement notre use case.
Le nombre de personnes à qui ça arrive, c'est fou.
Pendant un temps je travaillais à Paris, donc je faisais Douai
Paris en TGV tous les jours,
donc je développais l'outil dans le TGV sans connexion internet, les yeux au ciel.
Mais oui.
Du coup aujourd'hui tu peux lâcher un agent de code sur ta base.
C'est quand même un code système qui est à bas niveau finalement.
Alors il y a du code auquel on ne peut pas accéder parce qu'on est sous NDA.
Donc du coup, les IA n'ont absolument pas accès à ça et tout ça.
Et la plupart du temps, nous, non.
On utilise l'IA comme comme support pour pour débusquer
de temps en temps un bug pendant qu'on est parti pisser, ou
c'est ça ou ou ou
simplement quand on a la flemme de faire une recherche Google, on n'a pas d'agent.
Je me tâte à mettre une dev box chez moi, c'est
un PC sans carte graphique qui soit tout le temps dispo avec un agent dessus.
Parce que mon MacBook finalement il se ferme,
Je comprends mais je peux pas, je peux pas coder.
Je prends le train.
Oui oui oui.
Alors là moi je suis très je suis très dubitatif de ce genre de truc.
Je ne suis pas le bon, je suis pas le bon public.
Ouais moi pour moi l'IA c'est ni plus ni moins
qu'un Google glorifié qui est plus rigolo, qui a plus de capacités.
OK, mais c'est qu'une évolution de c'est une évolution de Google et c'est pas.
C'est loin d'être d'être l'alpha et l'oméga qu'on vend, qu'on vend.
Aujourd'hui, je pense qu'on va en revenir au bout d'un moment.
Et il y a un truc que j'ai remarqué, alors je le prends pas mal.
Je le prends. Mais alors vraiment,
le prends pas mal.
Plus quelqu'un met de l'emphase sur l'IA dans un domaine, moins
il est compétent dans ce domaine parce qu'il se rend pas compte
que l'IA par essence fait un résultat moyen.
Donc moi je suis nul en dessin.
Les images faites par IA, je trouve ça génial
parce que je suis rigoureusement incapable de faire le quart du du truc.
Les artistes disent le slop.
Ben voilà, c'est un peu pareil pour le code.
Il y a de ça, J'ai toujours détesté le front.
Voilà.
Donc surtout.
Sur le web en plus.
Enfin, quand j'ai arrêté de coder, je savais toujours pas centrer une
div sans Bootstrap.
Oui donc tu vois.
Et aujourd'hui je le fais avec l'IA.
Après il y a des il y a des domaines où c'est vachement pratique.
Est-ce que ça a une valeur ajoutée, vraiment,
d'avoir une expertise approfondie sur le fonctionnement
des navigateurs pour centrer une div ?
Ah bah.
Si je veux dire, ça crée pas de valeur tu vois.
Oui, mais du coup moi tu vois, je serais d'avis de dire non, Pour moi
c'est important parce que le jour où mon centrage de div foire, tu fais quoi ?
C'est ça qui est.
Intéressant, c'est que tu vois des fois je me dis
l'IA, là, elle a mis 1 h ou 45 minutes à faire ce que je lui ai demandé,
alors que moi, je l'aurais fait en dix minutes. Ouais.
Mais sauf que moi, quand je le fais,
je change le HTML, je teste, ça marche et je dis c'est ok.
Tu vois, lui, quand il l'a fait, il a itéré quatre fois,
il a rajouté des tests de non-régression en production
et ça il a fait finalement ce que j'ai la flemme de faire d'habitude, tu vois.
Ouais mais ça dépend si tu as confiance dans ce qui dans ce qu'il fait.
Moi pas du tout,
parce que le nombre de fois où il m'a généré
de la merde quand je lui ai demandé, c'est incalculable.
Et justement.
Mais parce que nous on est dans le métier,
il y a même des domaines où il est rigoureusement incapable.
Nous on fait de l'assembleur,
demande-lui surtout pas de faire de l'assembleur, ça sert à rien.
je pense.
J'ai vu le truc
mais donc Donc voilà.
Après attention à ce que je dis, c'est sur certains domaines quand même,
il y a des domaines où c'est génial, on a des docs des fois de 3600 pages,
on les a épluchées,
on a on a une petite IA locale, on lui donne à manger des documents
puis on lui pose des questions dessus quoi ?
Là, tu vois, là il n'y a pas photo, c'est génial.
Mais par contre, de là à dire que ça va révolutionner,
je sais pas, l'incontinence urinaire ou j'en sais rien.
Enfin tu vois, au bout d'un moment faut arrêter.
Non mais il y a un peu ce truc marrant aussi, tu vois, c'est que tu vois
quand tu es indépendant, tu fais un site web from scratch, tu lances une IA dessus.
Finalement la la fenêtre de contexte, elle est faible,
t'as pas besoin de beaucoup de contexte pour mettre toute la codebase dedans,
tu vas pas halluciner.
Enfin il va pas, le modèle, il a assimilé tout le code.
Alors que d'un autre côté, un dev qui lance les gros modèles,
il a quasiment plusieurs millions de lignes.
Tu ship ton site
et puis tout le monde te dit tiens c'est Claude Code qui l'a fait
parce que c'est des nuances de bleu et de violet.
Et derrière ton menu sur mobile, quand tu le déplies, il passe derrière le truc.
Quelque chose de.
La pub montrerait des choses mais de merde.
C'est ce que j'ai vu avant-hier.
Ouais mais on est pas obligé de faire les choses pour autant.
Mais ce que je veux dire, c'est
d'un autre côté, tu vas avoir des devs qui vont être dans des grosses boîtes
et qui vont entrer leur code sur une énorme codebase legacy,
tu vois, où du coup déjà rien que de se balader dans le code,
l'IA, l'agent il a pété sa fenêtre de contexte,
donc il est déjà en train d'halluciner alors que tu n'as pas posé de questions.
Et le deuxième truc, c'est que la codebase,
personne ne la comprend déjà dans la boîte, tu vois.
Donc elle est tellement pas explicite et mal documentée.
Je pense que tu tires le trait.
Pour avoir bossé dans l'industrie, je pense que tu tires le trait.
J'ai bossé dans des banques, j'ai bossé chez Saint-Gobain, j'ai fait la Poste.
Après, on a bossé chez les mêmes clients.
Mais mais voilà, mais mais c'était dans du tech.
Et oui, il y avait des il y avait des bases de code qui étaient
plus plus mauvaises que d'autres, mais de là à aller à ce point-là non.
Dès que tu as une taille et une taille un peu raisonnable, non, tu n'y arrives pas.
Donc là-dessus voilà, moi je suis c'est un outil sympa
mais c'est pas c'est pas l'alpha, c'est pas l'alpha et l'oméga quoi.
Et surtout c'est pas un produit, c'est un outil, c'est pas un produit.
Oui, ça c'est sûr, c'est un.
À partir du moment où tu as le nom de ta boîte avec AI à la fin
c'est bon, t'es mort parce que ça veut dire que l'IA c'est le produit.
Et donc du coup, tu es juste
en train de vendre quelque chose fait par quelqu'un d'autre et tu perds.
Après, il y a tout le débat de tu perds ta souveraineté,
t'es dépendant du pricing d'un prestataire.
Il fait fois dix sur ses prix comme a fait Google Copilot il y a pas longtemps.
Copilot, Microsoft Copilot Pardon, ma langue a fourché.
Tu fais quoi ?
Comment tu Tu perds toute ta marge donc du coup ton produit badaboum !
Enfin voilà.
Donc de la même manière que je suis un peu dubitatif sur le cloud,
je suis dubitatif sur l'IA.
Moi je comprends, mais.
On est capable de maintenir une infra avec
une base de données de plus d'une dizaine de téraoctets
à peu près 800 balles par mois.
Va me faire ça dans le cloud.
Ça c'est marrant aussi.
Enfin à chaque fois je lui pose des questions sur l'infra.
Tu vois l'infra sur le réseau, chez moi c'est en mode
mets un réseau séparé, mets tout dedans, va tout toucher.
Non mais c'est UniFi, Ils ont la feature en fait.
C'est déjà fait de base en fait. Et il fait.
Ah Oui, c'est vrai, tu as raison,
mais si je n'avais pas eu l'esprit critique et la connaissance du réseau,
j'aurais fait comme il m'a dit, j'aurais passé des heures
à faire un truc machin chouette,
j'aurais fait tout comme il m'a dit alors que c'était pas pertinent.
Voilà, c'est ça.
Et donc nous de toute façon, on est dans un domaine
qui est tellement technique, on fait des drivers.
Ouais, à partir du moment où tu es
dans des couches basses, il a très peu de.
Il y a très peu de bases d'entraînement.
Tu demandes à une IA de faire un site web.
Il y en a combien de sites web sur Internet ? Forcément il connaît.
C'est ça ?
C'est con, mais faire un driver des sources de drivers, il n'a pas des masses.
Donc tu vois, il est mauvais, c'est ça ?
Il ne fait pas le noyau de Linux avec l'IA.
Par contre,
quand il doit faire une interface en Python pour un logiciel de musique.
Alors il a accès à sa base de code.
Justement Linus il utilise beaucoup l'IA sur le code pour
le kernel, c'est très
borné, il a une base de code qui est assez grande à mon avis.
Le truc est capable de s'entraîner sur sa base de code qui est public.
De toute façon il l'a passé je sais pas combien de fois.
Donc pour le coup, ouais,
là il doit, il doit plutôt bien, il doit plutôt bien bien l'aider.
Mais est-ce qu'il le laisse coder tout seul tout un truc ?
Ou est-ce qu'il lui demande de faire quelques petites tâches et il contrôle ?
Après ?
Est-ce qu'il a vraiment besoin d'une IA ?
Sachant qu'il y a des milliers d'humains sur terre qui contribuent gratuitement.
Mais en plus ça,
ça dépasse mes compétences. Je connais pas Linus,
je connais un autre Linus Ouais mais c'est pas le même.
Le gars de Linus Tech Tips je le connais mais c'est pas le même.
C'est pas le même.
OK cool.
Voilà donc donc l'aventure, l'aventure
OCCT, c'est c'est quand même à la base des geeks qui se sont éclatés.
Enfin moi qui me suis éclaté dans mon grenier
pendant pendant pas mal de temps, qui a décidé d'en faire sa vie et qui
se retrouve embarqué dans une aventure où maintenant on est huit,
on a deux employés à Taïwan, on en a un qui est actuellement en Norvège.
Là on est et on vit notre meilleure vie.
Il y a pas d'autres, il n'y a pas d'autre mot.
On vit notre meilleure vie,
on s'amuse, on continue à se développer, on continue à grandir.
Le pognon c'est pas.
C'est qu'un moyen, c'est pas une finalité.
Ou pas. En Porsche, je.
Crois pas.
En Porsche c'est pas de poche. Je.
Bah non, moi je roule en Berlingo.
Donc tu vois c'est pas c'est vraiment pas l'objectif et.
Et on est on est les petits de Douai, étrangement
qui travaillent et on travaille avec Intel et AMD, C'est des clients quoi.
Ouais, on travaille avec la NASA, Ouais, on travaille avec.
C'est fou.
Ben ouais, ben voilà.
Et et c'est
c'est dingue, c'est dingue. Et on a plus.
Je crois qu'on a plus d'une cinquantaine de clients
dans 50 pays, On fait plus de 96 % de notre chiffre à l'international.
Ouais ça va.
Ça va,
c'est rigolo.
La France c'est un peu l'exception quoi.
OK, c'est un peu rigolo.
Bah écoute, merci beaucoup.
Merci à toi. Merci beaucoup.
Merci à toi. On va aller se mettre au frais.
Ouais parce que là il fait vraiment très très chaud.
Et encore merci.
Si vous venez
d'écouter l'épisode jusqu'ici jusqu'au bout, vous êtes vraiment très déter.
Moi ce que je retiens dans cet épisode, c'est vraiment l'humilité d'Adrien.
VRAIMENT. Il a.
Il a aidé l'industrie pendant 20 ans avant de créer sa boîte
parce que c'est pas très clair, mais ça, Taipei
et l'histoire qu'il raconte au Computex, c'était il y a deux ans, c'était en 2024.
Donc moi je trouve ça vraiment très impressionnant
cette forme d'humilité parce que même quand je lui demande
qu'est-ce qui a fait le succès,
il dit d'être proche du marché, machin chouette, mais il a pas de.
Il reconnaît qu'il a de la chance là-dessus aussi.
Donc ça montre aussi finalement que c'est.
C'est toujours chouette de bosser sur du software.
Si vous faites du software qui est utile à des gens, peut-être
que demain ça pourra devenir un business.
N'espérez pas plus que ça.
Si vous avez de la chance, ça fonctionnera.
Le format-là donc, c'est le format Charbon je pense.
La prochaine fois que je fais un épisode Charbon, c'est-à-dire avec une histoire,
je mettrai peut-être plutôt mon invité au centre de l'image avec un format
plus à la Thinkerview par exemple, où il est dans un fauteuil
et je lui pose des questions. Et je suis hors-cadre.
Parce qu'on va pas se mentir, sur cet épisode,
j'ai pas l'impression que mes questions, elles ont changé le déroulé.
Adrien, il savait très bien où il allait.
Qu'est-ce qu'il y a d'autre à vous dire ?
C'est.
C'est aussi la première fois que je fais un épisode complètement
réalisé de bout en bout avec la vidéo et que je fais le montage.
N'hésitez pas à faire des feedbacks au poil de cul près.
Vous attendez pas à ce que je refasse la vidéo,
je vais la mettre en ligne sur YouTube et sur Spotify.
Et je suis en train de vibe-coder mon hébergeur de podcasts qui supporte le HLS.
Bref.
Donc
donc vous attendez pas à ce que je modifie la vidéo.
Là par contre je prendrai le retour pour les pour les prochaines vidéos.
Qu'est-ce qu'il y a d'autre ?
Donc juste après cette interview-là j'ai une autre interview
qui est sur un format Fissure.
Le format Fissure c'est un format où l'invité
il veut vraiment me faire changer d'avis sur un point.
Et je vais garder les formats qui sont des formats
où je suis seul, face caméra ou face micro bien sûr,
et où j'explique un point de vue, une opinion, je développe une opinion.
Donc l'idée c'est vraiment que tout se tienne, que les Charbon et les Wafer
ça serve à provoquer des fissures et qu'on arrive à changer d'opinion.
On reste dans la posture de penser à voix haute et.
Et encore merci aux invités de la saison trois qui se sont présentés.
N'hésitez pas à me recommander des invités ou à me présenter des invités,
ça sera très chouette !
Merci beaucoup ! Et maintenant ?